Pellegrin & Fils se démarque

Pellegrin & Fils se démarque

Pascale Gillet-Bertel : Arnaud, présentez-nous la Maison Pellegrin & Fils que vous présidez et ce qui en fait une institution provençale...

Arnaud Pellegrin : Fondée par mes aïeuls en 1840, notre Maison compte aujourd’hui trois magasins à Marseille et deux à Aix-en- Provence ; ces deux derniers ne vendant aucune marque horlogère. Le fondement essentiel de ce parcours est le savoir-faire.Nous partageons des valeurs familiales fortes dont les maîtres-mots sont : la passion du métier, la transmission des connaissances, la volonté d’entreprendre, l’exigence technique, le goût de l’excellence. Depuis cinq générations, la Maison a toujours cherché à atteindre l’excellence, notamment dans le choix des pierres.Nous avons la volonté de faire vivre en interne ce beau métier qu’est la joaillerie. D’ailleurs aujourd’hui, Pellegrin & Fils est le seul joaillier en Provence à posséder son propre atelier de fabrication composé de six personnes. Notre plus jeune joaillière est Morgane Cazzetta. Elle a remporté la Médaille d’Or en bijouterie-joaillerie aux finales nationales de la compétition des Métiers-WorldSkills en janvier dernier. Nous avons ces dernières années étoffé et renforcé nos équipes, tous métiers confondus. Aujourd’hui Pellegrin & Fils compte une trentaine de salariés et nous espérons continuer à être une Maison attractive et ambitieuse. Nous recrutons actuellement des commerciaux passionnés, rigoureux, désireux de révéler leurs talents et prêts à partager notre aventure.

PGB : Vous avez choisi de poursuivre l’aventure familiale, racontez-nous votre parcours et précisez-nous vos spécificités... 

AP : J’ai d’abord souhaité me former sur le cœur de nos métiers : la gemmologie auprès du GIA de Londres et la joaillerie design au GIA de New-York. J’ai complété ma formation avec un Master Family Business à HEC. J’ai ensuite acquis différentes expériences auprès d’autres grandes maisons - Christie’s à Londres, Messika et Georland à Paris - avant de revenir aux sources et de parachever ma formation en interne auprès de mon père, Jean-François. Aujourd’hui, je me rends moi-même à la recherche des meilleures pierres sur les marchés internationaux, principalement celui de Mumbai, en Inde. Cette spécificité nous permet de proposer à notre clientèle un très grand choix de diamants de qualité. J’accorde une place particulière à l’éclat de chaque diamant, c’est là que réside la valeur ajoutée de l’œil du diamantaire !

PGB : Après 6 mois de fonctionnement de votre nouveau point de vente sur un emplacement n°1 d’Aix-en-Provence, quels sont vos premiers constats ?
AP : Nous y attirons de nouveaux clients alors que nous n’y présentons aucune marque, à l’exception d’Isabelle Langlois. Le centre-ville d’Aix-en-Provence exerce un rayonnement attractif sur tout l’arrière-pays ; la qualité de ce nouveau point de vente renforce toujours plus notre image de « Joaillier de la Provence » et nous sommes à ce titre, très satisfaits.

PGB : Vous pérennisez un savoir-faire ancestral, tout en inscrivant votre maison séculaire dans l’avenir...
AP : Oui, j’œuvre pour une plus grande présence digitale de la marque. En 2016, nous avons ouvert notre site de vente en ligne. Car si l’expérience client doit rester au cœur de la relation privilégiée qu’entretiennent les joailliers avec leurs clients, la filière ne saurait rester en marge de la vente en ligne. L’avenir du métier est la complémentarité du numérique, qui est aujourd’hui indispensable, alliée à l’intimité d’une expérience client unique.C’est là un défi de taille, la haute joaillerie n’étant pas le prêt-à-porter ! Mais nous savons pouvoir compter sur nos équipes dynamiques et motivées.

PGB : Quels sont vos projets à court terme ? Et quel est votre objectif ?
AP : Tout en continuant de mettre l’accent sur le digital, nous préparons pour le début de l’automne un nouveau catalogue afin de valoriser sur papier l’identité de la Maison Pellegrin.Puis, en 2023, est prévue la rénovation du magasin historique de la rue Francis Davso à Marseille.
Notre objectif : Moderniser les codes de la joaillerie traditionnelle.

PGB : Vous adhérez à l’UBH, qu’appréciez-vous particulièrement dans cette organisation professionnelle ?
AP : Notre adhésion à l’UBH nous permet de conserver le contact avec la profession et de rester au fait des évolutions de celle-ci. C’est une vraie ouverture sur les autres professionnels du secteur et cela nous semble important. Par ailleurs, l’UBH est en pointe dans la défense des intérêts de la profession, au-delà du simple corporatisme.